FR-GUIDE-FR-L3.2

Capitaine et suppléant : nationalité, français B2, droit maritime, jury national

FR-GUIDE-FR-M3 · Équipage étranger sous pavillon français · FR-GUIDE-FR-M3-A Visa de reconnaissance, conditions propres au capitaine et au suppléant, aptitude médicale et statut social des marins étrangers.

Sous pavillon français, le capitaine et son suppléant exercent des **prérogatives de puissance publique**. D'où trois conditions cumulatives, au-delà du brevet : **nationalité, langue française, droit français**.

Cadre réglementaire

Textes : Code des transports L5521-3 et L5612-3 ; décret n° 2015-598 du 2 juin 2015, art. 3 à 6. Prérequis : leçon 3.1.

Pourquoi des conditions particulières ?

Le droit français confie au capitaine et à l'officier chargé de sa suppléance des prérogatives de puissance publique : pouvoirs d'enquête en cas d'infraction pénale à bord, discipline, sûreté maritime, état civil et notariat. Le guichet unique du RIF insiste d'ailleurs sur la distinction entre le « suppléant » du Code des transports et le « second » au sens de STCW : ce sont deux notions qui se recouvrent souvent, mais pas toujours.

En plus du brevet (français ou visé), trois critères cumulatifs s'appliquent (L5612-3) :

Critère Comment le justifier
Nationalité Ressortissant de l'un des 38 États : UE (27), EEE (Islande, Liechtenstein, Norvège), Suisse, et 7 États liés par accord (Bénin, Burkina Faso, Congo, Côte d'Ivoire, Niger, Togo, Tunisie)
Langue française Diplôme de l'enseignement secondaire ou supérieur français, ou certificat de niveau B2 de moins d'un an, ou attestation du jury national
Matières juridiques françaises Certificat du module NP-1, ou diplôme supérieur français portant sur les pouvoirs du capitaine, ou attestation d'une formation agréée, ou attestation du jury national

ATTENTION — La nationalité ne se rattrape pas Le jury national évalue la langue et le droit. Il ne remplace jamais la condition de nationalité. Un capitaine britannique, américain ou australien, même parfaitement francophone, ne peut pas commander un yacht sous pavillon français, ni en être le suppléant.

Le jury national d'évaluation

À défaut de diplôme ou d'attestation, l'officier se présente devant le jury national d'évaluation (décret 2015-598) :

  • quatre membres ;
  • une épreuve écrite fondée sur un cas pratique : organisation de l'administration maritime et de la justice françaises, pouvoirs du capitaine ;
  • un entretien qui apprécie l'aptitude à communiquer avec les autorités françaises et à rédiger en français les rapports et documents de bord ;
  • le tout en français, avec des questions adaptées au type de navigation du brevet reconnu ;
  • des réunions à intervalles d'au moins quatre mois, sur convocation du président ;
  • l'attestation est délivrée au plus tard quinze jours après les épreuves.

Le jury peut n'évaluer que la langue, que le droit, ou les deux, selon ce qui vous manque.

Les soupapes prévues par les textes

Le chef mécanicien. Sur un navire de commerce, à défaut du suppléant, les conditions de connaissance peuvent être remplies par le chef mécanicien. La condition de nationalité du suppléant, elle, ne connaît aucune exception.

L'accroissement de flotte. Pour chaque navire RIF qui augmente la flotte d'un armateur, un navire de cet armateur peut n'avoir à bord qu'une seule personne remplissant les conditions de langue et de droit, pendant 2 ans après l'immatriculation. La faculté tombe si la flotte diminue pendant cette période.

PRUDENCE — Responsabilité de l'armateur Admettre à bord un capitaine ou un suppléant qui ne justifie pas des connaissances requises expose l'armateur à une contravention de 4e classe. Les dérogations aux conditions de qualification ne sont jamais possibles pour la fonction de capitaine, sauf force majeure (leçon 4.1).

En pratique

Sur un yacht RIF, la configuration courante associe un capitaine ressortissant de l'UE titulaire du NP-1 ou d'un B2, et un équipage international dont les officiers détiennent des brevets visés. Le cours French Visa de Reconnaissance propose des cas pratiques par nationalité.

Practice questions

5 questions

recall · core

Combien d'États figurent sur la liste des nationalités admises à commander sous pavillon français ? (a) 38 (b) 27 (c) 29 (d) 55

recall · core

Lequel de ces documents permet de justifier la connaissance de la langue française ? (a) Un permis côtier (b) Un certificat B1 de moins de trois ans (c) Un certificat B2 de moins d'un an (d) Un visa de reconnaissance

recall · core

En quelle langue se déroulent l'écrit et l'entretien du jury national d'évaluation ? (a) Au choix du candidat (b) En anglais avec interprète (c) En français (d) En anglais

recall · core

Quelle sanction encourt l'armateur qui admet à bord un capitaine ne justifiant pas des connaissances linguistiques et juridiques requises ? (a) Le retrait du pavillon (b) Un an d'emprisonnement (c) Une contravention de 4e classe (d) Aucune

scenario · core

Un capitaine britannique, titulaire d'un Master (Yachts) 3000 GT visé en France, est pressenti pour commander un yacht RIF de 60 m. Il parle un bon français. Que faut-il retenir ? (a) Il peut commander avec une dérogation de 6 mois (b) Il peut commander s'il réussit le jury national (c) Il ne peut pas commander : le Royaume-Uni ne figure pas parmi les 38 nationalités admises au commandement, quel que soit son niveau de français (d) Le visa suffit, l'anglais étant la langue de travail

Étude indépendante. xplor n'est affilié ni à l'administration maritime française (DGAMPA), ni à l'ENSM, ni à aucune préfecture maritime ; xplor n'est ni un bateau-école ni un centre de formation agréé et ne délivre aucun titre, permis, certificat ou visa. Ce guide ne remplace ni les textes en vigueur ni l'avis du guichet unique du RIF, de la DIRM ou du SSGM : un brevet ne s'obtient que par une formation en centre agréé et une décision de l'administration maritime. Contenu rédigé avec l'aide de l'IA, en attente de relecture par un expert.